dimanche 16 juillet 2017



 Forme Olympique


Dans les vestiaires, l'heure est à la concentration.
C'est un jour un peu particulier pour ces athlètes particulier.
Après toute cette préparation, tous ces efforts, parfois des sacrifices pour certains...tout se joue aujourd’hui : les J.O paralympiques d'été.
Il fait très chaud aujourd’hui, nous avons dépassé les 40 degrés et l'enceinte du stade en aluminium fait office de cocotte minute.
A l’abri des regards mais surtout de toute médiatisation chacun se met en condition avec son entraîneur.
Un membre du staff technique Allemand lui se penche sur la mécanique, il vérifie les rayons de chaque roues du fauteuil, la pression des pneus.
Est-il nécessaire de préciser que ce fauteuil roulant à spécialement été conçu par une marque automobile : volkswagen.
Après tout la firme du peuple fabrique bien des voitures de courses et pour soutenir la comparaison avec la F1 il ne manque au fauteuil que les commandes au volant.
Si seulement...

L’athlète qui représente la délégation Américaine quant à lui, semble concentré sur sa course à venir.
Il murmure une prière et jette un regard admiratif à la photo de Neil Armstrong qu'il porte en pendentif autour de son cou.
A juste titre il se dit que comme lui il pourrait devenir un héros.
Rappelez vous que le célèbre coureur cycliste Amstrong n'avait pas vraiment connu la gloire avant son cancer.
Cyniquement on pourrait penser que la maladie a un impact médiatique et naïvement le sportif handicapé rêve de consécration.
Il semble ignorer que cela ne concerne que les valides, comme l’accès à certain bâtiment.
Dans les faits, si vous guérissez et parvenez à l'impossible on vous admire si c'est incurable on vous ignore ou presque...
A moins que vous ne tuez votre compagne avec un fusil à la mode Pistorius et encore que même là, ce ne sont pas vos performances qui feront la une.
Et pourtant la finale du 1.500m malvoyant a été plus rapide que celle des "valides" cette année.
Tout cela ne marche que dans un seul sens mais comme on dit "la roue tourne".

Habituellement, l'exploit sportif d'un athlète "normal" est salué et félicité, pouvant même être décoré par la légion d'honneur mais aussi décrié par l'opinion public en fonction de son salaire si l'on prend l'exemple des footballeurs.
En France on appelle ça le revers de la médaille.
Imaginez maintenant les attentes et espoirs des para-athlètes en cas de retour victorieux.
Un accueil triomphal par la classe politique, défilant sur le toit d'un bus sur les champs Élysées en saluant la foule, la reconnaissance de leur nation toute entière.
Rien de tout cela n'arrivera.
Pas même que la maigre compensation salariale qu'ils touchent ne leurs permet de vivre de cette seule activité.
Ils ont beau avoir les mêmes primes au podium ils n'ont pas les mêmes sponsors.
Et ça se comprends personnes n'as envie de porter des Geox.
Si toutefois cela venais à se réaliser, tout le monde les admireraient mais personnes ne voudrais leurs ressembler.

Tandis que l'américain songe à l’hypothétique victoire et à la place qu'il choisirait pour exposer ses futurs trophées chez lui, son médecin, lui, peine à trouver un endroit discret pour son injection d'E.P.O.
On est loin des valeurs promulgué par l'esprit sportif comme le dépassement de soit.
La compétition est pour eux l'occasion de démontrer leurs potentiels et non leurs limites jusqu'à même mettre en danger leur propres santé.

Comme c'est le cas du concurrent Australien, qui ne cesse de boire à outrance.
Ainsi l’athlète paralysé des membres inférieurs bloque l'évacuation du cathéter de sa sonde urinaire afin de distendre sa vessie, et ainsi crée une réplétion de celle-ci, en d'autres termes il se provoque une infection urinaire.
La concurrence est rude, chacun y va de sa technique.

Le Thaïlandais - ancien boxeur professionnel victime d'un malencontreux accident de moto alors qu'il était en passe de devenir le nouveau numéro un mondial de muai thaï - lui, se fracture volontairement les doigts de pieds, un après l'autre.

Quant à l’athlète Mexicain, crains certainement ce qui l'attend a son retour du pays si il ne paye pas le cartel.
Alors il préfère prendre les devants en se sanglant très fortement les jambes et s'infligeant des chocs électrique à l'aide d'un taser.

Le dossard 453, l’athlète Canadien, fini de se préparer dans les toilettes en se passant du spray réfrigérant sur ses appareils génitaux.
Et comme cela ne semble pas suffire alors il se tord les testicules jusqu'à se qu'elles s’écrasent et ressemblent ainsi à des ampoules incandescentes.

Mais dans quel but s'infliger tout ça? Vous demandez-vous.
En se torturant ainsi comme des fakirs paraplégiques du sport ils s'élèvent à un autre niveau.
Bien qu'ils ne ressentent pas la douleur sur leurs membres inférieur - ils sont dans l'incapacité de bouger tout se qui se trouve en dessous de leurs ceinture y compris le petit orteil - à cause des lésions à la moelle épinière, leurs mutilations provoquent quand même une décharge d'adrénaline.
C'est l'hyperflexivité de l'organisme, un réflexe d'autodéfense physiologique qui fait augmenter la pression artérielle et la fréquence cardiaque.
La méthode s'apparentant à de recongélation décrite ici s'appelle le "boosting" en amenant à une surexcitation l’athlète paraplégique elle diminue sa sensation d'effort, accroît ses capacités, et améliore ses chronos.
Dans les chiffres cela se traduit par une augmentation des performances allant de 5 à 15%.

Tout le monde prend place sur la piste pour cette finale du 1500m Fauteuil Homme de la catégorie T54.
Petit rappel pour les non connaisseurs : la lettre "T" désigne le sport et le chiffre "54" pour la gravité de l'handicap (plus le chiffre est petit, plus le handicap est important).
A savoir que cette catégorie ne concerne que les paraplégiques jouissant pleinement de leurs mobilités des membres supérieur.

Quand on regarde cette grille de départ, on pourrait légitimement s'attendre a ce qu'il y est plus de mutilés victimes des mines antipersonnelles et pourtant seule la Thaïlande est présente.
Ni l'Afghanistan, ni l'Angola et l'Azerbaïdjan, pas même la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, ou encore le Tchad, non rien de tout ces pays ne sont présent.
Aussi, vous ne verrez pas d'équipe Russe sur les starting-block, celle ci à été exclus de la compétition pour dopage.

PAN!!!!! C'est parti! la course est lancé!
A les voir se battre avec leurs bras aux musculatures sur-dévelopées par rapport à leurs membres inférieurs on croirait voir une course de chariot moderne dans l’arène, un remake de Ben Hur.
L'allemand démarre en trombe a croire qu'il a un compte tour, il se dit même qu'a l’entraînement il lui arrives parfois de dépasser les 35km!
En réalité il est simplement plus léger avec son fauteuil hyper aérodynamique au châssis à poutre montante tout aluminium et ses deux roues à disques en carbone légèrement inclinées.
Malgré toutes cette technologie le germanique perd vite son avance, rapidement talonné par les thaïlandais, australien, mexicain et canadien aux pupilles dilatés.

A partir des 800 mètres le rythme se pose.
Tout les concurrents ont ralenti leurs cadences sauf un qui étrangement se maintient sans mal : le japonais.
Mieux que ça, il remonte tous ses adversaires en douceur, sans forcer grâce à cette petite barrette métallique fixée à ses roues par son staff.
Une nanotechnologie de pointe agissant comme une assistance électrique. Un régulateur de vitesse permettant de garde une allure constante.
Le petit coup de pouce qui au bon moment fait toute la différence.
Aussi, il affiche une mine impassible, ne laissant transparaître aucun signe de difficulté, ne laissant transpirer aucune goutte de sueur, tel un robot.
Une machine inarrêtable digne de concourir au Cybathlon!
Et pourtant...la présence d'un simple cailloux sur la piste suffis a faire l'effet d'un grain de sable dans un engrenage envoyant le nippon hors de la piste.

Au français jusqu'alors distancé largement par le japonais, de prendre la tête sur les derniers 100m.
Ce premier (il n'est pas dernier) jette un rapide coup d’œil périphérique pour évaluer les chances de la concurrence avant d’accélérer pour le sprint final.
La ligne d'arrivée franchit sous les flashs des photographes, une pluie de micro s'abattant sur le champion Français pour recueillir ses impressions.
Vantard il lâche "pour être franc ce na pas été si dur que ça. J'ai largement dominé. Et puis entre vous et moi, ils ne m'arrivent pas a la cheville" penché vers l'avant pour designer du doigt la zone dénommé en bougeant les pieds sur le rythme de la musique de célébration.

Devant les cameras, lorsqu'un journaliste interroge le médecin Français au sujet du dopage, celui-ci s'agace : "c'est de la mythologie, il n'y a jamais eu de boosting!"