dimanche 1 avril 2018

  C.H.A.T.S.²

Une chaine d'information à diffusion nationale interviewait en direct un comportementaliste animalier de renommé qui expliquait à l'antenne "Ce sont là des chats atteint du syndrome du tigre ou sociopathie féline résultant d'un sevrage trop court étant bébé, un trouble alimentaire en somme.
De plus, le chaton d’intérieur perdant son instinct de chasse à force de se nourrir de croquette ainsi qu'un lien trop intense avec son propriétaire peuvent conduire parfois l'animal a un comportement excessif.
Si par exemple son maître venait à s'absenter quelques jours le félin se sentirait abandonné et menacé par son propre environnement."
La journaliste acquiesça d'un hochement de tête et lut la prochaine question de sa fiche mémo "Dans ce cas que préconiser ?".
Le médecin se redressa sur son siège et balaya l'air de la main "Vous pouvez l'aider à se détendre avec certain complément alimentaire, personnellement j'opte pour une rééducation par le biais de jeux alimentaires afin de lui permettre de chasser sa nourriture."
A peine avait-il terminé sa phrase qu'une horde de chat fit une irruption violente sur le plateau télé. L'un des chats se projeta sur son visage toutes griffes déployées, tandis qu'un autre tirait sur sa cravate pour l'étrangler.
Un gros chats de type maine-coon avait sauté sur la chevelure de la présentatrice et lui arrachait de grosse touffe de cheveux alors qu'elle essayait de fuir le studio en criant.
La dernière séquence de l'émission  montra un chaton en train de s'attaquer au cameraman avant de laisser place au logo de la chaine.

Sur les nombreux écrans de contrôles des images défilaient, montrant des émeutes de foules hystériques dans tout le pays.
Des vidéos de centaines de personnes se bousculant pour fuir, se piétinant les uns les autres poursuivi par des hordes de chats en furie.
Et puis les cameras cessèrent d’émettre une à une.
Tous les écrans n'affichaient plus que des parasites et éclairaient d'une lueur grisâtre les visages consternés des dirigeants politiques réunis dans la salle de l'état major Américain.
Le représentant de la délégation chinoise présent s'écria avec un zozotement "Mon dieu, c'est un vrai CHATaclisme!!!" mais personne ne releva le caractère comique de la chose. Tous étaient sous le choc, en état de sidération absolue, cherchant du regard l'issue de secours la plus proche.
Dwight, le président Américain penché au dessus d'un moniteur sur lequel était représenté une carte du monde parsemé de points rouges signalant les attaques en cours pensa à haute voix "On dirait qu'ils se dirigent vers l'Asie".
"Affirmatif monsieur, il semblerait que la chine soit leur cible prioritaire et ce n'est peut-être pas par hasard, vous savez ils mangent des chats la bas..." argumenta un militaire hautement décoré qui se tenait à ses côtés.
C'est alors que le chef d'état américain pris la parole devant l'assemblé.
S'adressant sur un ton solennel à ses homologues et quiconque serait devant sa télévision il entama son discours par ce qui suit : "Nous sommes victimes d'une attaque sans précédent, de par sa nature, sa rapidité. Mais nous devons riposter pour défendre ce monde qui est..."
"PERDU" Ce mot retentit dans la salle, tout le monde compris à l'intonation et au interférence sonore que cela n'avait été prononcé par Dwight mais par un orateur différent.
"PERDU par votre faute, votre seule et unique responsabilité messieurs. Vous vous demandez surement qui je suis, je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps.
Je suis Julian Edward, un de vos ex-agent, j'ai travaillé sur votre projet top secret, celui-là même qui est en train de causer notre perte dehors, au-delà de cette forteresse imprenable, dans le monde réel celui de ceux pour qui vous décidez sans jamais vous en souciez.
J’espère qu'une seule chose c'est qu'ils viendront vous trouver.
Quant à moi je vais diffuser aussi massivement qu'il m'est possible ce message. Adieu messieurs."
Un dernier échos résonna avant de relaisser place aux crépitements des parasites.

Il déambulait bourré en plein milieu de la journée, comme à son habitude, il pestait après la nuée de mouche qui le suivait, balayait l'air de la main pour les éloigner.
Du bout de la rue on le sentait arriver et on l'entendait jurer et cracher et jurer par ce qu'il s'était craché dessus, quand ce n'était pas uriné.
Précédé par le bruit et suivi par son odeur, il l'était aussi par sa meute de chien errant qui l'accompagnait en toutes circonstances.
Il les avait recueillis de justesse alors que le refuge pour animaux égarés décidait de les euthanasier.
Cette fois là, il s'en était fallu de peu, les chiens le savaient bien et lui vouaient une loyauté inébranlable pour cela.
Le chef de la meute, fidèle bras droit de leur maitre c'était "Rintintin" le malinois, il y avait aussi "Scooby" le dogue Allemand, "Beethoven" le saint Bernard, "Milo" le Jack Russel, "Milou" le fox terrier à poil dur, "Droopy" le basset, "Lassi" le colley, "Carl" le Carlin toujours en retard précédé par le "vieux bâtard" sans nom qui malgré son grand age revenait chercher les trainards en pestant.
Ce dernier justement, devait son surnom aux gardiens du refuge qui l'appelait ainsi en raison de son ancienneté lui qui ne se faisait jamais adopter par les familles.
Personne ne le regardait, il n'y en avait toujours que pour les chiens racés, chiens star de film.
Il suffisait qu'il y est un film ou une publicité qui rappelle telle ou telle race a un maitre pour qu'il se fasse piquer la vedette et une nouvelle fois son tour.
Au fil du temps les modes changeaient et le refuge était peu à peu devenu une retraite pour sosie de chien star oubliées, ces vieux cabots passés de mode, abandonnés sur le bord de la route par leurs maitres sur le trajet des vacances.
Il y avait aussi les nombreux cas de ceux qui furent adoptés parce qu'ils étaient bien assortis au sac à main mais vite abandonnés comme une vieille collection au profit des bonnes œuvres.
Dans le voisinage on ne s'étonnait plus d'entendre des coups de feu suivi de bris de verre de bouteille de bière, de temps à autre c'était de la taule froissée des drones ou le miaulement d'un chat blessé.
C'était là son passe temps, peut être le seul de notre homme, ça et descendre des caisses de bière.
Un drôle de zozo ce clodo qui ne se départissait jamais de sa combinaison faite de papier d’aluminium et de couverture de survie qu'il s'était lui même confectionné pour disait-il "lutter contre les systèmes de navigation à rayon infrarouges des drones".
En dépit de son apparence et de la couche de crasse qui s'accumulait en strates géologiques sur sa peau, il n'avait pas toujours était un sans abris, il avait eu une autre vie et même un nom.
Bien que celui-ci fut incapable de s'en rappeler après tant d'années d'alcoolisme et de démence urbaine.
Dans son ancienne vie, Cloclo le clodo (nous l’appellerons ainsi puisque c'est devenu son seul nom connu) avait été marié et vécu dans une maison dans le New Jersey.
A l'époque déjà il avait un chien, oui c'était bien lui, "le vieux bâtard", oui, un jour il avait été un jeune clébard!
Ils étaient tout deux partis balader en foret, Cloclo avait pour habitude de le laisser gambader libre, renifler tout ce qu'il voulait.
C'était ce qu'il considérait comme son quart d'heure de folie mais ce jour là le jeune cabot s'emballa, alerte, il pista quelque chose dans les bosquets.
Son maître qui vit son fidèle compagnon s'éloigner subitement se mit a le suivre comme il le pouvait en criant son nom, lui ordonnant de revenir.
La nuit commençait à tomber et il ne voyait plus rien, il se laissa guider par les aboiements de son chien pour le retrouver.
Arrivé à sa hauteur il se baissa pour lui rattacher sa laisse et quand il releva la tête il aperçut en contre bas des cages avec des centaines de chats déposés par des drones volant téléguidés par des hommes en combinaison NRBC.
Soudain un projecteur fut braqué sur Cloclo et "le vieux batard', ils étaient repérés.
Effrayés par la scène à laquelle ils venaient d'assister ils se mirent à courir dans la direction inverse.
Rapidement et à leurs plus grandes surprises des hordes de chats se mirent à leurs trousses suivi par les hommes en combinaison.
Alors qu'ils pensaient avoir trouver une cachette à l’abri des faisceaux lumineux qui balayaient la foret, un chat se jeta sur le visage de Cloclo.
C'était sans compter sur "le vieux bâtard" qui d'un coup de mâchoire cassa le cou du chat et le projeta au sol.
"Qui étaient ces hommes? Une agence gouvernementale? Menaient ils une expérience? Et c'était quoi tout ces chats?" Toutes ces questions affluèrent dans l'esprit de Cloclo tandis qu'ils parvenaient à s'échapper de la foret.
Il le savait, il risquait sa vie et celle de ses proches si ils parvenaient à le retrouver.
Pour cela notre fugitif décida de se cacher dans les égouts durant quelques jours en se faisant passer pour un clochard.
La couverture était parfaite avec un chien et certains alcools bon marché s'avéraient meilleurs qu'il ne le pensait.
Afin de ne pas faire courir de risque à sa femme et par amour pour elle il ne l'avait pas prévenu et la seule fois ou il avait essayé il s'était rendu compte que celle-ci servait de couveuse pour leurs expériences gouvernementales.
Depuis il fuyait son ancienne vie et c’était réfugié à Deer Trail au Colorado, petite ville ou il était de bon tons de chasser le drone.
Lors de ses sessions de "poule" il se faisait aider par ses compagnons canin.
Carl le carlin justement, essayait toujours de devancer les autres pour repérer les drones avec ses gros yeux globuleux au regard multidirectionnel.
Hélas il échouait pratiquement à chaque fois pour annoncer les cibles. En cause son aboiement ridiculement sur-aiguë auquel personne ne prêtait généralement attention et qui passait souvent pour des pleurnichement.
Ils étaient toujours couvert par les autres aboiements plus graves et virils des autres chiens.
En cela reflétait sa position dans la hiérarchie naturelle de la meute.
Une fois la caisse de bière bu dans sa totalité, leur maitre s'endormait ivre mort dans celle-ci.

Quelques pars dans un endroit tenu secret, à l’abri d'un bunker hautement sécurisé, le président américain et son état major passa en revu toute les stratégies de contre offensive envisageable.
Le premier projet de riposte armé que ses ingénieurs lui soumirent concernait l'utilisation d'une sorte de fusil à eau couplé avec un harpon lance filet qui par un ingénieux système électrostatique permettrais d'attraper facilement les petites bêtes à poils en mouvement et de les maintenir au sol en humidifiant les proies.
Malheureusement cette arme fut rapidement écartée après un test désastreux, le filet une fois projeté vint aspirer littéralement le mannequin cible et l'opérateur ensemble. Dans le même ordre d'idée on lui présenta la possibilité d'équiper des grenades chargées en eau qui en explosant déchargeaient une impulsion électrique mais l'expérience fut elle aussi peu concluante.
Ensuite, il fut évoqué l'utilisation de souris de laboratoire porteuse du V.I.F. (Virus de l'Immunodéficience Féline).
"J'imagine que c'est dans le but de les atteindre en empoisonnant leurs alimentations." affirma Dwight sur un ton des plus sceptique.
"C'est exact monsieur le président, la maladie les contaminera immédiatement. De plus nous estimons qu'avec la quantité de rats présent dans chaque grandes villes cela représenterait une ressource quasi inépuisable!"
"...hum...Vous voyez..." dit-il en s'éclaircissant la gorge tandis qu'il rassemblait ses arguments mentalement avant de poursuivre.
"Au long terme cette solution me semble intéressante cependant nous ne sommes pas en train de lutter contre une prolifération de parasites quelconques...il nous faut quelque chose de plus radical.
Pour parler franchement je me contrefous d'attirer les foudres des associations pour la protection animale. Je ne suis plus en campagne électorale!" s'écria Dwight d'un rire plein de sarcasme.
"Et imaginons une seconde que les rats finissent par s'auto-immuniser au virus ou pire qu'ils immunisent les chats qui s'en nourrissent, (il n'osa pas  aller jusqu'à exprimer l'éventualité d'une copulation inter-espèces et de par se fait la naissance d'une nouvelle). Nous aurions deux fois plus d’ennemis à combattre."
"Oui vous avez certainement raison monsieur, nous ne pouvons courir le risque de reproduire le même schéma. Résoudre le probleme par un autre probleme."
Sur l'instant le président ne mesura pas la pleine porté de sens comprise dans la réponse de son interlocuteur et poursuivi sa visite.

En ce Jeudi après midi, les enfants étaient à l'école tandis que leur père était au travail et leur mère qui devait venir les chercher faisait les courses.
La maison des Wright était paisible.
Pourtant à l'intérieur de celle-ci, on entendait quelque chose semblable à une déchiqueteuse qui lentement déchirait du papier glacé.
C'était Ronron qui avec ses griffes lacérais les yeux de ses précédents maitre sur les photos de famille affichées dans le salon.
Aussi, il avait abimé la table de la cuisine, arraché un rideau dans l'entrée et éventré le canapé.
Comme dans chaque maison américaine il y avait une poutre qui comporté des graduations colorées correspondant à la taille des enfants qui grandissait dans ses lieux.
Là, Ronron le chaton, rayait les noms et y gravait à coté le mot "mort".
Redressé sur ses deux pattes arrière il monta l'escalier tout en laissant trainer ses griffes sur le mur, éraflant la tapisserie sur son passage avant de se faufiler dans la chambre du plus jeune des enfants.

La seule arme validée fut les mines antipersonnelles qui déployaient une substance semblable à de l'herbe à chat en guise d’appât et explosant une fois un certain poids atteint au dessus du piège.
Selon le principe de l'herbe à chat agissant comme aphrodisiaque sur ces animaux, l'odeur ainsi dégagée rappelant celui des femelles en chaleur, cela les attireraient irrémédiablement à elle.
Une variante de se dispositif chargé en permethrine, un insecticide utilisé comme anti-puces pour les chiens et hautement toxique pour les chats, fut également envisagé.
En poursuivant son tour des laboratoires d'armement, où chacun des départements de recherches présentaient ses dernières trouvailles pour lutter contre la menace, le président américain ne cessait de repenser au message vidéo pirate et fit part à ses conseillers de la réflexion suivante :
"Comment se fait-il que nous ayons déjà des cobayes ennemis au sein de nos infrastructures?"
Les membres de son état major se regardèrent les uns les autres à la recherche d'une parade sans toutefois la trouver.
"Ne me dites surtout pas que ces créatures sont le fruit de nos propres expérimentations?!"
Un colonel borgne, dont le visage était marqué d'une imposante balafre (sans doute dut à une griffure de chat) jusqu'alors resté en retrait rassembla tout son courage pour répondre.
"C'est malheureusement le cas monsieur le président.
Vous avez tout juste ce ne sont pas des extraterrestres, ce sont des animaux cobaye de nos tests laboratoire.
Au départ ce programme était destiné au développement et la recherche astronautique. Nous voulions créer ou du moins débloquer des capacités intellectuelle et extrasensorielle sous-jacente chez cette espèce.
Mais comme vous pouvez le voir, l'expérience nous a échappé et nous en payons le prix aujourd'hui." conclut-il en désignant de la main le cache œil sur son visage.

Les bras chargés de courses, elle poussa la clef du bout des doigts et la porte s'entrouvrit légèrement.
Il n'en fallut pas plus pour que les enfants se précipitent à l'intérieur.
Elle était tellement fatiguée et concentrée sur sa tache à exécuter qu'elle n'avait pas remarqué l'état de la maison.
Avec trois hommes à la maison elle avait l'habitude résigné qu'un certain bazar règne en ces lieux et c'est certainement pour cela qu'elle rangeât les courses dans les placards sans y prêter attention.
C'est une fois qu'elle commença à préparer le gouter pour ses enfants qu'elle réalisa que quelque chose clochait.
Tout était sans dessus dessous, des céréales étalés sur la table, du lait dégoulinant sur le sol, des traces de griffes partout. Ce n'était pas la une scène de cambriolage, non c'était bien plus inquiétant.
La télévision s'alluma et l'a fit sursauter, son premier réflexe fut de se saisir d'un couteau de cuisine planté dans un meuble avant de faire volte face avec la menace.
Mais elle se rendit compte que ce n'était que son fils ainé installé dans le canapé en train de zapper les chaines qui n’émettaient plus à la recherche d'un dessin animé à regarder.
Son fils voyant sa mère avec un couteau pris peur et dis "maman c'est pas moi!" en désignant les coussins du canapé éventrés avec leurs rembourrages étalés et ça et là.
C'est alors qu'elle rangeât son couteau après avoir examiné la pièce, puis s'approcha son fils ainé.
"Où est ton frère? " demanda-t-elle.
Des bruits sourds, comme si quelqu'un tapait ou donnait des coups se firent entendre à l'étage, ce qui sembla répondre à sa question.
Elle coupa le son de la télévision, enferma l'ainé dehors en lui demandant d'appeler son père et monta doucement l'escalier couteau à la main.
La porte de la chambre du plus jeune était entre ouverte, le vacarme venait incontestablement de cette pièce.
En passant la tête discrètement par l'encolure de la porte elle vit son fils au prise avec...un chaton. Leurs chaton, Bowie. C'était le nom qu'ils lui avaient donné en raison de ses yeux verrons et de l'éclair de poils roux qui traversait son jolie minois au pelage blanc.
Celui qu'ils avaient adopté et dont ils s'étaient séparés il y a quelques mois de ça. Pire qu'un abandon, cela avait été un véritable assassinat.
Transporté dans une cage, déporté sans un regard, jeté du haut d'un pont, laissé pour mort.
Si la chute n'avait pas raison de lui ça aurait été la noyade, emporté par les torrents de la rivière.
Tout ça parce que les enfants l'avaient fait accuser à leurs places quand ils avaient fait tomber la collection d'assiette en porcelaine familiale lors d'une partie de chat perché fraternel.
Quand Bowie le chaton remarqua la présence de la mère il se jeta sur son visage toutes griffes déployées.
L'enfant quant à lui était déjà à l'agonie, la langue coupé et enfouie dans sa propre gorge il n'avait pu pour demander de l'aide que taper des pieds, des mains et de la tête sur le sol afin de se faire entendre.
Elle tenta de se débattre longtemps, le chat agrippé sur son visage, les griffes plantés dans ses globes oculaires elle luttait, taper sa tête volontairement contre les murs jusqu'à ce qu'il se décroche, emportant ses yeux avec lui.
Complétement désorienté comme une oie à qui l'on venait de couper la tête elle tituba paniquée dans le couloir et glissa sur une flaque de sang.
Son cou se rompit, elle ne pouvait plus bouger, tout juste arrivait-elle à parler.
Et c'est en entendant son mari et son fils ainé faire irruption dans la maison qu'elle cru que ce serait la fin de son calvaire...or ce n'était que le début d'une tuerie aveugle.
Bowie fit dégringoler des escaliers les yeux arrachés de son ancienne maitresse en guise d'avertissement.
Horrifié le père se précipita au secours de sa femme, en lui caressant le visage il constata qu'elle était éborgnée et inconsciente.
Il chercha du regard quelque chose pour se défendre puis arracha le rideau de douche.
A ce moment là, un autre chat vint aider Bowie à couper les deux tendons d’Achille du père qui bascula dans la baignoire, la tête dans le rideau.
Pendant que ce dernier était en train de suffoquer, les chats finissaient le travail en lui tranchant les différentes artères de coups de griffe rapide, habile et sec.
Le fils ainé qui avait assisté à la scène impuissant, regarda son père baignant dans son propre sang, recula nerveusement sous la menace des deux chats qu'il reconnaissait à présent, Bowie bien sur mais aussi celui qui l'accompagnait, bien qu'ayant le poils entièrement carbonisé, un œil crevé et une oreille arrachée, il comprit que c'était le chat du voisin...qu'il se souvenait s'étre amusé à torturer auparavant.

Brad était un mercenaire d'exception, Vietnam, Irak, Afghanistan, Ouganda, Corée du Nord, Russie, Iran...bref vous l'avez compris dés qu'il fallait envoyer quelqu'un au front (ou en mission de reconnaissance) c'était lui qu'on appelait.
Évidemment il fallait prévoir une grosse équipe pour nettoyer le carnage indescriptible qu'il laissait derrière lui.
Car sur son passage, tout n'était que tripes et chair sanguinolente.
Et généralement tout ce qui avait été animé par la vie avait péri par le viol...enfin dans le meilleur des cas et sous conditions qu'il ne soit pas ivre.
Je vous laisse imaginer quand il l'était.
Comme tout mercenaire il cultivait un certain penchant pour l'alcool et les poules!
"Moi ce que j'aime c'est les grosses cochonnes, les chiennes mais aussi les grosses vaches" confiait-il volontier à ses camarades.
Cela va certainement vous surprendre mais ce n'était pas une façon de parler. Figurez-vous, qu'il parlait là au sens propre. Brad était zoophile.
Malheureusement cela devenait un peu trop prononcé aux gouts de sa hiérarchie qui avait du mal à justifier les scandales liées aux champs de batailles.
C'est pour toutes ces raisons et qu'en dépit de sa forme physique ainsi que de son age l'état major lui avait proposé de monter en grade et devenir formateur.
Un poste de planqué dans un placard doré de 50m² avec vu panoramique et bureau en noyé véritable où la punition déguisée en promotion.
Étant assez lucide sur sa situation, Brad savait qu'il avait échappé de peu à la retraité anticipée et qu'il n'avait pas d'autres choix que d'accepter et de se faire oublier...jusqu'à ce que le téléphone résonne un jour.

De ses gros yeux globuleux de Carlin, Carl scrutait le ciel.
Comme à son habitude il ne pouvait s’empêcher d'aboyer avec véhémence après tout ce qui survolait la maison (ou plutôt le squat) : Avion, drones, oiseaux, chats.
Son strabisme lui conférait le regard d'un caméléon, il pouvait regarder deux endroits différents en même temps.
C'était là, un avantage et à la fois un inconvénient, surtout quand il faisait sa promenade dans la rue et qu'il se prenait les poteaux électriques de plein fouet.
Mais cette fois il ne faisait pas ça pour rien. Ce n'était pas les rideaux qui bougeaient avec le vent ,non, c'était autre chose, autre chose de bien plus préoccupant.
Au dehors, des nuées de volatiles fuyaient dans la même direction. Certains d'entre eux tombaient du ciel, sous une pluie de plumes et de sang comme si il s'y tenait la guerre des anges.
L'un d'eux vint s'écraser sur la terrasse, son cadavre était lacéré de griffures et chevauché par un chat.
Carl recula avec méfiance, le félin, lui, l'observa ne sachant déterminer si c'était un congénère ou un ennemi canin.
Après tout, celui-ci n'avait pas de truffe, poussait un aboiement si aiguë qu'il laissait douter à un miaulement et sa queue, détail grotesque par excellence, tenait plus du porcin que du félin ou canin.
Rapidement rejoins par d'autres chats, ils encerclaient Carl, ce dernier ne voyant sa meute arriver malgré ses appels aux secours n’eut d'autres choix que de se rendre.

"Je vous présente notre rédemption" dit un scientifique en tirant le rideau pour dévoiler son dernier projet novateur au président américain.
L'assemblé applaudit timidement sans vraiment savoir de quoi il en retournait car l'objet ainsi exposé ressemblait seulement à une bombe.
"Pouvez-vous nous en dires plus?" demanda le président avec un air circonspect, le sourcil droit relevé et interrogateur.
Un assistant donna un coup de coude au scientifique qui restait planté devant son invention avec un sourire niais pour lui signifier qu'il devait donner plus d'explication.
"Monsieur le président, vous avez là devant vous, une giga bombe d'un genre nouveau, la bombe U, U comme Ultrason. Cette bombe..."dit-il en la tapotant affectueusement "cette bombe pourrait neutraliser les chats sur des milliers de kilomètres mais pas seulement. Elle nous permettrait aussi de les repousser massivement dans une direction, comme l’océan par exemple."
Aussi, il serait possible de les tenir à l'écart des villes en utilisant les hauts parleurs d'alerte pour diffuser des ultrasons en continue."
Le président américain convaincu par l'exposé fut animé par une lueur d'espoir et commença avec ses conseillers l'élaboration d'une stratégie de contre offensive.

Affublé d'un déguisement de chats reconnaissable à ses oreilles pointues et sa longue queue Carl le Carlin jonglait, dansait, jouait les pitres devant un public composé uniquement de chat.
Tout cela lui était arrivé bien malgré lui.
On lui avait d'abord enfilé de force ce costume en fausse fourrure ridicule et quand il avait montré de la résistance, qu'il avait protesté violemment en tentant d'impressionner et d’effrayer ses agresseurs il avait déclenché sans le vouloir l'hilarité collective.
C'est ainsi qu'il s'était attiré leur sympathie et évité une mort certaine. Du moins cela lui avait fait gagner un peu de temps et d'espérance de vie.
Notre captif perdait peu à peu l'espoir d'une libération, se laissant gagner par des idées noires.
Toutes les brimades journalières qu'il subissait autrefois des autres chiens de sa meute lui revinrent en tête une à une :
"Regard-le, même pas de museau!"
"Et c'est quoi cette queue de cochon?!"
"Pourquoi t'as des taches noires autours des yeux, t'es un raton laveur?"
"Ta place est au zoo le phoque!"
Rapidement il en conclut que sa situation serait toujours la même.
Peu importe le camp qu'il choisirait, Carl serait rejeté, tel était le destin de cet animal transgenre.
On lui fit apporter un plateau repas composé d'une pâté qui à l'odeur lui donnait envie de se lécher les babines et d'une soucoupe rempli de lait.
Carl n'avait jamais gouté de lait, cela pourrait très bien être empoissonné au cyanure pensa-t-il.
Hormis l’aspect liquide et blanchâtre du cyanure il ne connaissait pas son odeur, ni celle du lait d’ailleurs, alors comment pouvait-il savoir?
Prudemment, il renifla sa pâté, nota qu'il y avait de véritable morceaux de barbaque de premier choix là-dedans, cependant l'odeur de cette viande bien qu'elle lui soit inconnue semblait vraiment appétissante.
En fin de compte il réalisa que ça nouvelle condition n'était pas si horrible que ça, elle était même plutôt confortable, au moins il était applaudi et avait de la nourriture de premier choix.
Repus, se sentant presque redevable d'avoir dégusté un met aussi savoureux il réfléchit à une façon de témoigner de sa gratitude.
La manière la plus logique qu'il ait trouvé fut d'essayer de le dire dans leur langage. Passer du "Waf" au "Miaou".
Rapidement il parvint à communiquer sommairement avec ses geôliers, non sans provoquer une nouvelle crise de rire chez ces derniers.
Soudainement, le rire laissa place à l’effroi sur le minois des minous qui le gardait, un signal d'alarme par onde Alpha venait de résonner dans les têtes des félins.
Le camp des chats était attaqué.

Brad en avait marre de former les nouvelles recrues, il était las de cette génération de pleureuses, un ramassis de jeunes en surpoids fumeurs de pétards.
Les "bleus bites" comme il les appelait.
Il n'y avait rien à en tirer et il le savait, une perte de temps.
Bien qu'il approchait bientôt de la quarantaine - on pouvait le deviner en voyant les pattes d'oies au coin de ses yeux et les quelques cheveux blanc qui balayait sa chevelure - il conservait tout de même une condition physique athlétique.
Faut dire qu'il ne se laisser pas aller, tout les jours il se levait aux aurores pour s'entrainer.
Ses muscles saillant sous son uniforme, qui étaient continuellement congestionnés donnaient l'impression qu'il ne se reposait jamais.
Le sport était la méthode qu'il avait choisit pour lutter contre ses pulsions sexuelles déviantes et puis cela lui permettait de rester opérationnel car il savait qu'un jour on aurait besoin de ses services.
Et ce jour était arrivé, plus tôt qu'il ne s'en aurais douté.
C'est un hélicoptère présidentiel qui venait d’atterrir sur la base, le genre de chose que l'on ne voyait ici que pour de rare événement préparé en avance ou en cas de crise grave.
Une capitaine de l'état major descendit de l'engin et demanda à s'entretenir avec Brad.
Dés qu'il l'a vue il eu un coup de foudre pour cette grande blonde au regard de biche et à la bouche en cul de poule (et vous savez ce qu'il leur faisait habituellement...).
Elle dégageait quelque chose d'animal, de bestial sous son coté autoritaire et militaire.
Notre mercenaire devait se ressaisir, il ne pouvait se laisser aller au sentimentalisme, il avait une nouvelle mission, "ce n'est pas le temps de faire l'amour mais la guerre" songea-t-il en son fort intérieur.
Brad revint dans son baraquement pour faire son paquetage et en profita pour se masturber devant un documentaire animalier avant de prendre hélicoptère pour rejoindre la base secrète de l'état major.
Là bas, on lui en dit plus sur la nature de sa mission.
Notre mercenaire avait pour seule consigne de faire un carnage une fois le largage de la bombe à ultrason.
Le moment qu'il attendait depuis si longtemps était venu, il allait revenir sur le champs de bataille.

Carl le Carlin, était toujours enfermé mais sans surveillance, ainsi il envisagea toutes les solutions d'évasion, il essaya sans succès de sauter pour ouvrir la porte.
"Si seulement J'avais hérité de cette capacité féline!" remarqua-t-il.
Ensuite il tenta de se glisser dans le passe plat à peine moins large qu'une chatière et manqua de se coincer une fois la tête passé. Il réalisa qu'en dépit des apparences, l'habit ne faisait pas le moine.
Cloclo le clodo et sa meute de chiens intrépides venait de mener l’assaut sur une base de chats.
Le malinois qui n’était pas si malin que ça avait cru ingénieuse l'idée d'éteindre la lumière pour déstabiliser l'adversaire, or il devait ignorer que les félins avaient une très bonne vision dans l'obscurité.
Par un heureux concours de circonstances les chats pris par surprise battirent en retraite se croyant en sous nombre.
Carl qui avait appris quelques mots en chats et qui ne pouvait entendre le raffut causé par la bataille en raison de l'isolation du sous sol où il se trouvait, appelait en miaulant ses geôliers dans l’obscurité.
Il essaya même d'attirer leur attention en racontant sa nouvelle blague : "Est-ce que je vous ai déjà dit que mon père, paix a son âme, était un boxer? Pas le sportif, la race de chien voyons!"
Sans aucune réponse de leurs parts, il commençait à s’inquiéter, d'abord préoccupé par l'éventualité qu'il ne pourrait plus manger de si bonne pâté mais aussi d'être oublié ici.
La lumière revint progressivement dans la pièce. Quand la porte s’entrouvrit, il eu un petit soupir de soulagement et sa queue se mit à gigoter dans l'air de droite à gauche.
Ce genre de signe en langage corporel canin ne peut pas mentir.
Arrêtés dans l'encolure de la porte, les chiens de sa meute et son maitre ne savaient pas quoi penser de la situation en voyant Carl le carlin dans son déguisement de chat en train de jongler.
Devait-il se moquer de lui ou se méfier de lui? Était-il devenu un traitre? Quelques justifications s'imposaient pour l'otage.
"C'est pas ce que vous croyez!" lança d'abord Carl, puis argumenta pour sa défense "j'ai fait ça volontairement, pour m'infiltrer, jouer l'agent double tout ça..."
Le malinois plissa les yeux d'un air suspicieux, et demanda au Dogue Allemand "Alors comme ça ce bon vieux Frank serait un espion?! T'en pense quoi Scooby Doo?"
Son interlocuteur agacé par cette manie qu'avait le malinois de l'affublé d'un surnom qu'il trouvait raciste lui répondit "Je sais pas...Est ce que moi je t'appelle Rintintin connard?"
Carl le Carlin en profita pour ajouter que le personnage de Frank dans le film Men In Black était joué en réalité par une femelle, précision dont tout le monde dans la pièce semblaient se foutre royalement.
Lassi le Colley, ne pu réprimer sa joie de retrouver son ami Carlin et se pissa dessus comme à chaque fois qu'elle éprouvait un sentiment fort, raison pour laquelle ses anciens maitres l'avaient abandonné.
Cloclo le clodo mit fin aux réjouissances des retrouvailles et ordonna à la meute de se mettre en route.
La meute se mit en configuration guerrière, ainsi le gentil Saint Bernard passa du mode Beethoven au mode Cujo, son rôle étant celui de l'infirmier, le Malinois quant à lui passa chef des operations, le Jack Russel mit a profit sa rapidité et son gambarit pour faire l'éclaireur.
Mené par son instinct de chasseur, Milo, le jack Russel (ou Kurt Russel comme le Malinois s'amusait à le surnommer) était parti loin devant.
Il avait pisté un chat à moins qu'il ne s'agisse d'une balle, oui, il adorait les balles et avait cette capacité à les dénicher en tout endroit.
Le Malinois lui aussi avait senti une forte odeur, celle de l'eau de Cologne mais pas celle qu'avait bu Cloclo le clodo auparavant, non ça sentait un mélange de plusieurs parfums et de testostérone.
Soudain Carl via sa vision multidirectionnelle vit quelque chose bouger dans les buissons jalonnant le chemin qu'ils avaient lui et sa meute emprunté.
Il bondit dans l'obscurité quand des canons d'armes diverses sorti de nulle part. Des mitraillettes, des revolvers,  même un bazooka constituaient cette impressionnant armada.
Plus personnes ne bougeaient à l'exception du Carlin qui secouait sa queue joyeusement en reniflant les bottes d'un des soldats qui les encerclaient.
L'odeur du sang devait vraisemblablement l'exciter.
Une silhouette s'avança hors des ténèbres, un visage dur avec un cache œil apparu, c'était le colonel borgne.
Le haut gradé militaire adressa un sourire à Cloclo suivi de ses mots : "Je crois qu'on se connait".
Ce dernier le reconnut immédiatement, c'était ce même homme qui l'avait interrogé il y a quelques temps.
Il s'en souvenait comme si c'était hier en dépit de sa vie de débauche qui embrumait ses souvenirs.
Justement c'était pour cette stratégie qu'il avait opté, jouer les mecs bourrés.
Pas très difficile vous me direz pour quelqu'un qui est saoul la moitié du temps avec un taux d'alcoolémie moyen dans le sang approchant des deux grammes.
C'était sans compter sur les atouts que gardait en réserve le colonel borgne pour le faire parler : il lui avait montré des photos de sa femme pour susciter une réaction émotionnelle.
Là, Cloclo le clodo avait craqué et commencé à déblatérer à propos d'un contact avec un informaticien pote de Julian Edwards et comme quoi il trouvait pathétique la tentative de contre information avec le prétendu dossier rédigé par l'un de leur agent fédéral un dénommé Dick.
Pour brouiller les pistes, il se força à vomir tout en demandant entre deux remontés bileuses : "Qu'avez vous fait?! Dites moi juste...qu'en est-il de la légende des 9 vies ? C'est des conneries hein?"
Ceci avait permis de mettre fin à l'entretien.
Et là, aujourd'hui, il se tenait à nouveau devant lui, et notre résistant sans-abris se demandait bien quelles étaient ses motivations cette fois.
"Nous avons assisté à votre coups d'éclats!" dit-il les deux poings sur les hanches avant de poursuivre "Un assaut efficace et coordonné!" et il applaudit avec une moue satisfaite et virile.
"Je pense qu'il serait dans nos intérêts commun de combattre ensemble...Bien sur, vous êtes libre de refuser...mais ne nous battons nous pas tout deux pour ce qui fait la grandeur de ce pays?!"
Notre clodo pas impressionné pour un sou (il n'en avais pas de toute façon), se redressa pour faire face au colonel qui devait faire bien de deux têtes de plus que lui et répondit "C'est bien ce que je compte faire" puis reprit sa route en sifflant ses chiens.
Le commando de militaire s'écarta en cherchant un ordre contraire du regard auprès de leurs colonel mais celui-ci ne leur donna pas satisfaction.
En passant devant eux, le Malinois ricana comme une hyène, le dogue Allemand bien droit les enjamba fièrement avec mépris et Milo le Jack Russel souleva une patte arrière pour leur pisser dessus tout en leur tirant la langue.
Carl le carlin quant à lui était resté la langue collé aux rangers des militaires et il fallut que l'un d'eux secoue sa chaussure pour qu'il réalise que la meute avait avancé sans lui.
Une fois les chiens et leur maitre à distance, un soldat demanda à son supérieur pourquoi celui-ci les avait-il laissé partir et le colonel borgne lui répondis en s’adressant à tous ses hommes "De toutes façon ils vont mourir et puis à chaque guerre il faut des héros pour la patrie".

Avant d'embarquer dans le bombardier, Brad tagua à l'aide d'un aérosol de couleur rouge sur l'une des ogives la phrase : "Ultrason of a bitch!"
Notre mercenaire zoophile se préparait pour la guerre, plus encore qu'à son d'habitude.
Il venait de se badigeonner tout le corps d'huile d'herbe à chat qu'il avait lui même confectionné, ensuite il avait tracé trois traits noirs sur chacune de ses joues en guise de peinture de guerre puis il avait inscrit sur son casque "Brad l'empaleur".
Le bombardier dans lequel était Brad allait bientôt survoler la zone de combat réduite à une immense plage de la côte pacifique.
En fins stratèges, ils avaient réussie à faire perdre du terrain à l’ennemi, mieux encore ils les avaient confiner entre leurs forces et l’océan.
Pour mettre au point cette offensive, tout les hauts parleurs des magasins et des villes ainsi que tout véhicules disposant d'un dispositif sonore cet à dire ambulance, camion à glace, camionnette de cirque, voiture de tuning etc...avaient été réquisitionné.
"Brad, n'oubliez pas, soyez vicieux et surtout faites vous plaisir soldat!" l'encouragea la capitaine tandis que le mercenaire zoophile enfilait son parachute.
En sautant dans le vide, Brad mitrailla en criant à ses autres camarades soldats "niquez les tous! ahhhhh" et une fois sur la terre ferme ou plutôt le sable fin, il fut submergé par se sentiment de bienêtre qui l'avait quitté depuis si longtemps.
Fusiller, taper, cogner, éventrer, égorger, décapiter, violer l'adversaire c'était là tout ce à quoi il aspirait et ça se voyait à son sourire radieux sur le champs de bataille.

"Cette litière géante sera leur fosse commune!" avait déclaré le président Dwight en ordonnant le largage de la bombe U.
La bombe tomba du ciel et alors que les soldats affrontaient les hordes de chats, il y eu une déflagration au loin suivi d'une onde de choc magnétique.
Tout à coup les félins s’arrêtèrent sur place comme tétanisés, le regard figé, du sang coulant de leurs oreilles puis s’écroulèrent presque à l'unisson sur le sol.
Cloclo le clodo se retourna et vit ses fidèles compagnons à terre, tremblant, couchés sur le flanc, la truffe au sol, les pattes sur les oreilles, agonisant.
"Pauvre toutous et moi qu'il leur ai promis qu'ils iraient à la ferme pour les vieux chiens, le paradis canin" pensa-t-il en essuyant une larme.
Tous, Rintintin, Scooby, Lassi, Milo, Droopy, Milou sauf Carl, qui en plus d’avoir un strabisme avait aussi un probleme de surdité congénital, chose que tout le monde avaient toujours pris pour un trait de caractère d'obstination.

Parmi les décombres, entouré des chats les plus massifs, il reconnu celle qui avait autrefois était sa femme et qui était devenu la vieille dame aux chats.
Encore consciente, il lui retira l'appareil auditif grésillant qu'elle avait dans chaque oreilles et vit soudain son regard changer, gagner en lucidité comme si elle avait été quelqu'un d'autre pendant tout ce temps.
Sa prothèse auditive semblait servir de récepteur pour ondes Alpha émise par les chats, un annihilateur de pensée en somme.
C'était un véritable charnier, et pendant que les mercenaires achevé les ennemis, Carl le carlin passait de dune en dune, se délectant joyeusement du gout de cette viande qu'il avait découvert récemment grâce aux chats, la saveur de la chair humaine, provenant des cadavres des soldats.
Brad dopé par ses endorphines et l’adrénaline que lui procuré une telle scène d'affrontement découvrit ce qui semblait être une couveuse, une sorte de nid pour protéger les félins nouveaux nées pendant que la bataille faisait rage.
Il approcha à pas feutrés, éteignit la lampe tactique de son fusil d’assaut et mis un genoux à terre pour attraper un premier chaton, ému.
Puis notre mercenaire enfourna sa bite dans le postérieur de l'animal et l'a fit ressortir par sa bouche puis balança le cadavre pour en ramasser un second, ainsi de suite.
Le souffle lourd, Brad l'empaleur susurra de plus en plus fort d'une élocution lente et saccadée "chaton, cha-ton, CHA-TON..." jusqu'à jouissance.

C'est bien cette dernière scène qui inspirera l'imposante statue en bronze du mémorial de la bataille.
Suite à ces événements, l'homme avec un grand H n'a retenu comme leçon que celle qu'il fallait exterminer le probleme qu'il a lui même crée.
Et ce n'est pas une mais deux nouvelles espèces qui ont désormais fait leurs entrées dans les muséums d'histoire naturelle, la collection de races d'animaux éteintes.
Tout ceci, au nom de la science et du progrès.

mercredi 7 mars 2018

Fashion Victime


1...2...Le temps défile en tractions, se divise en exercices de musculation.
Chaque jour devant son miroir, Dorian peint son autoportrait, façonne sa silhouette, sculpte ses muscles dans l'effort.
Son corps, c'est son gagne-pain.
Sa nourriture justement, il l'avale en calories. Tout est mesuré, tout est gradué.
Chemise ouverte et lunettes de soleil. Jeune et beau, il suffit de voir les regards désireux se refléter dans ses verres teintés pour le comprendre.
En se rendant à son lieu de travail, sur les champs Élysée, il lui arrive souvent de se faire accoster par des groupes de jeunes touristes.
Signer des autographes et prendre la pause, jamais il ne peut s'y refuser. Même s'il le sait, on le confond avec une quelconque star de télé-réalité du moment.
Il n'est rien... pour l'instant. Juste un ambassadeur de beauté, hôtesse d'accueil pour une célèbre marque de prêt-à-porter.
Accueillant torse nu, muscles bandés et huilés, les clients amusés par ses déhanchements sur un rythme techno.
Toutes phéromones dégagées, sourire vaniteux aux lèvres, il danse.
Ils ont attendu longtemps derrière le cordon pour assister à tout ça. Ils ne se sont pas déplacés pour rien, ils en auront pour leur argent.
Le videur fait rentrer les curieux au compte-goutte dans le magasin qui tient tout d'une boîte de nuit.
Le son est à fond. Des spots lumineux colorent les murs. Un stroboscope vient éblouir les visiteurs à leur arrivée.
Des jeunes filles se ruent sur les étagères de vêtements à la recherche de cabines d'essayage qu'elles ne trouveront jamais tout comme le prix sur les étiquettes.
Ici, le client est roi, roi des cons.
La nuit, le temps s'écoule plus vite. Bien qu'il travaille de jour, l'obscurité environnante lui donne cette impression.
Deux ans déjà qu'il se prostitue commercialement, à côté de ça il passe des castings, mais rien ne se concrétise.
Dorian c'est une coquille vide sans talent, un joli emballage qui finira à la poubelle comme tout emballage dans cette société de consommation.
Quand ce n'est pas son jour de danser torse nu à l'accueil, il porte un short, un polo et joue au vendeur.
Ce n'est pas vraiment un rôle de composition pour lui. De plus, il n'a pas beaucoup de texte et encore moins d'arguments de vente, c'est tout juste s'il sait indiquer la direction des toilettes.
Cependant une des rares taches qu'il doit effecteur, c'est replier les vêtements et aller en chercher de nouveau en réserve quand les étagères se vident.
En réserve justement, il n'y a que les employés les plus anciens qui y travaillent, trop vieux pour donner envie d'acheter.
Là-bas, il y croise souvent Cindy, la plus gentille de ses collègues... faut dire qu'il ne lui reste que ça, la pauvre a grossi de 10 kilos en un an, problème de thyroïde, parait-il.
Elle l'aimait bien, il y a un moment elle avait même songé à tenter quelque chose, mais c'était avant sa prise de poids et surtout avant d'apprendre que Dorian n'était attiré que par lui même.
Homosexuel dans sa définition la plus stricte.
Dorian n'a d'yeux que pour l'ascension sociale, quelle que soit la forme qu'elle revêt.
Son obsession du moment : Amber. Dommage qu'elle ne soit qu'une femme, elle avait tout ce qu'il recherche.
Meilleure vendeuse du magasin, de longs cheveux blonds épais, de grands yeux d'un bleu profond et une taille mince qui trahit son anorexie.
Dans la salle de repos, il l'avait une fois surprise en train de se gaver de mouchoirs en papier. Une poule empaillée.
Ils aiment discuter de sac à main, de la dernière collection Hermès, des vertus de la fourrure naturelle et de pédicure.
Alors qu'ils étaient en train de flirter une fois de plus, une cliente les interrompit pour leur demander s'ils avaient des tailles 40 dans la réserve.
Amber fit avec un grand sourire "nous ne faisons pas au-delà de la taille 38, question d'image de marque vous comprenez".
La cliente étonnée continua son chemin, une fois loin, Amber ajouta à voix basse pour ses collègues "on a une taille 40 dans la réserve, elle s'appelle Cindy."
Tous se mirent à rire et Dorian fit remarquer que "ça puait la pisse de chat", ce à quoi répondit Amber "c'est certainement cette grosse vache" en désignant de la tête la direction qu'avait pris la cliente.
La vendeuse blonde s'en alla ranger une étagère qu'un groupe de touristes avait mise à sac. Dorian et ses collègues restants constatèrent que l'odeur s'était dissipée.
L'été approchait avec la nouvelle collection, la chaleur augmentait et la climatisation faisait des siennes.
Le rôle le plus prisé était celui du danseur à l'entrée qui n'avait plus besoin d'huile pour le corps, la sueur faisait illusion.
Amber passait son temps aux toilettes, s'essuyait les aisselles et rajoutait une couche de déo. Aussi, elle se plaçait volontairement près du diffuseur de parfum du magasin.
Il lui arrivait de changer de hauts plusieurs fois dans la même journée.
Depuis quelques semaines déjà elle avait remarqué que l'odeur de sa transpiration était devenue plus forte.
Ce que notre poupée anorexique ne savait pas c'est que quand on fait de l'hypoglycémie bien souvent on secrète de l'acétone qui mélangé à la sueur distille une délicieuse odeur s'apparentant à de la pisse de chat.
Elle avait tout essayé: pierre d'alun, frotter un citron frais sous ses aisselles... TOUT, mais rien ne changeait.
Un soir en rentrant chez elle, larmes aux yeux, son chat vint la réconforter en l'entendant pleurer sur le pas de la porte.
Elle le caressa longuement quand soudain lui vint l'idée désespérée d'utiliser la litière comme pierre d'alun pour remédier à son problème.
Vous l'imaginez ça n'a pas marché.
Dorian lui aussi supportait mal la chaleur. A Paris, l'été est lourd, en grande partie à cause de la pollution et de son emplacement géographique.
Le ciel orageux cache le soleil la plupart du temps, Dorian le savait c'est pour ça qu'il faisait des UV.
La dernière séance était peut-être celle de trop, sa peau était devenue orangée et s'était couverte de boutons.
Bien sûr, il soupçonnait la crème hydratante qu'il se passait sur le corps après chaque séance d'en être la cause.
Il avait consulté un dermatologue, mais cela n'avait fait qu'accroître le nombre d'hypothèses : stress, trouble alimentaire...
En réalité, c'était une allergie cutanée aux vêtements. La réaction n'était pas tellement due au tissu à proprement parlé mais plus aux traitements chimiques de celui-ci.
La présence de Formaldéhyde, substance communément appelée Formol, dans les vêtements neufs qu'il rangeait par centaine chaque jour sur ses étagères en était la cause.
Et elle se trouve partout, sous forme d'agent défroissant, agent mordant pour les teintures, dans certains pigments sous forme de résine formolée pour les jeans notamment, pour imperméabilisation de la laine etc...
On ne peut y échapper si l'on veut rester présentable, c'est pour cela que les mannequins sont en plastique. Parcequ'ils ne craignent rien.
Maintenant, les plaques d’eczéma se sont répandues jusque sur son visage. Défiguré comme le portrait de Dorian Grey.
L'ironie c'est que le formol qui sert aussi à conserver les morts et en train ici de décomposer vivant le corps du jeune éphèbe.
Son rituel matinal devient plus complexe. Derrière tout ce fond de teint, l'adolescent boutonneux en surpoids qu'il était commence à le dévisager dans le miroir.
Le responsable magasin lui aussi le dévisage. Il scrute sa figure décharné, comme s'il cherchait un bouton à percer ou faisait une partie de démineurs sur la peau du vendeur.
Le regard des gens change, ni ses yeux bleus ni ses muscles ne parviennent à faire oublier l'acné.
Désormais il ne sera plus affecté à l'entrée du magasin pour danser torse nu.
Où est Amber ? Cela fait plus de deux semaines qu'il ne l'a pas croisée. Peut-être a-t-elle pris des vacances ?
Dans les toilettes, à l'abri des regards, il cède aux démangeaisons.
Il gratte sa peau jusqu'au sang. Des croûtes se forment, décolorent l'épiderme couleur agrume qui pèle comme une orange.
Dorian n'est pas une chrysalide, il n'est pas en train de muer, il pèle juste du tissu cicatriciel.
Il ne va pas se métamorphoser en imago, un joli papillon, non, il va se transformer en larve. Pestilentielle.
Le planning a changé, des nouveaux, plus jeunes et donc plus beaux sont arrivés.
Il ne veut pas être relégué en réserve, mais il n'a pas le choix. Il est passé de mode, égérie de l'ancienne collection.
Tout comme la grosse Cindy et Amber-sent-la-pisse qui l'attendent en réserve.